Bientôt des Pinna nobilis dans la Baie de Cannes ?

19 mars 2026 | Nos actions, Nos projets

Espèce emblématique de la Méditerranée, la Pinna nobilis, plus connue sous le nom de grande nacre, joue un rôle écologique essentiel.

Enfouie dans les herbiers de posidonie, elle contribue à la stabilisation des sédiments, à l’amélioration de la qualité de l’eau grâce à sa capacité de filtration, et à la création de micro-habitats utilisés par de nombreux organismes (éponges, crustacés, poissons juvéniles).

Malheureusement, depuis 2016, un parasite a provoqué des épisodes de mortalité massive. L’espèce a été classée en danger critique d’extinction par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) en 2019. Aujourd’hui, seules subsistent quelques populations dites « refuges », notamment dans l’étang de Thau. Des observations scientifiques suggèrent que certaines populations de l’étang de Thau présentent une tolérance accrue au parasite. Analyser le génome de ces individus permet d’identifier les marqueurs génétiques potentiellement associés à cette résistance.

Le projet proposé et mené par le CSIL (Conseil Scientifique des Îles de Lérins) vise à exploiter ces connaissances pour identifier, grâce au séquençage, les individus résistants, puis utiliser ces informations dans un programme de conservation et de réimplantation d’individus résistants dans la Baie de Cannes. Nous sommes ravis de pouvoir soutenir ce projet.

 

Où en est le projet aujourd’hui ?

Au total, des biopsies ont été réalisées sur 200 individus. L’étape de séquençage est achevée et l’analyse des gènes est en cours de finalisation. De nouvelles biopsies seront réalisées cet été afin de déterminer dans quelle mesure une population cible est porteuse du gène ou non.

Au printemps, les équipes vont également se concentrer sur des opérations de repérage afin de cartographier les sites les plus favorables aux futures transplantations dans la Baie de Cannes. Plusieurs critères seront étudiés, et notamment les courants, la profondeur et la pression anthropique. 

La translocation est envisagée pour le mois de décembre. L’équipe privilégie en effet une eau froide, dans laquelle les pathogènes sont moins actifs. Ensuite débutera la phase de suivi scientifique des individus réimplantés.

 

Nous aurons la chance d’être aux premières loges pour ces opérations et pourrons ainsi partager avec vous ces moments rares : voir une espèce endémique reprendre progressivement sa place dans son environnement naturel.